<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Sous catégorie Histoire 2 &#8211; La Grande Histoire des Alpages</title>
	<atom:link href="https://grandehistoirealpages.fr/category/histoire/sous-categorie-histoire-2/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://grandehistoirealpages.fr</link>
	<description>Une histoire d&#039;avenir</description>
	<lastBuildDate>Tue, 06 Feb 2018 12:50:23 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.10</generator>

<image>
	<url>https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2017/07/cropped-favicon-1-32x32.png</url>
	<title>Sous catégorie Histoire 2 &#8211; La Grande Histoire des Alpages</title>
	<link>https://grandehistoirealpages.fr</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Les « genres de vies » pastoraux alpins selon Philippe Arbos (1922)</title>
		<link>https://grandehistoirealpages.fr/les-genres-de-vie-pastoraux-alpins-selon-philippe-arbos/</link>
					<comments>https://grandehistoirealpages.fr/les-genres-de-vie-pastoraux-alpins-selon-philippe-arbos/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Mouthon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 09:39:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Sous catégorie Histoire 2]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://grandehistoirealpages.fr/?p=494</guid>

					<description><![CDATA[&#160; Les « Genres de vies » pastoraux alpins selon Philippe Arbos Dans sa somme sur La vie pastorale dans les Alpes françaises, version reprise de sa thèse de doctorat publiée en [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les « Genres de vies » pastoraux alpins selon Philippe Arbos<br />
 </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa somme sur <em>La vie pastorale dans les Alpes françaises</em>, version reprise de sa thèse de doctorat publiée en 1922 chez Armand Colin, le géographe Philippe Arbos ne fait pas que développer les concepts de « petite montagne », d’exploitation familiale, et de « grande montagne » à troupeau commun. Il propose aussi une typologie des vallées alpines en fonction de l’organisation traditionnelle de l’élevage, celle dont il constate à son époque, la « décadence » rapide. Cette organisation c’est ce qu’il nomme les « genres de vie », une notion empruntée au géant de la géographie française, Paul Vidal de la Blache qui la définit vers 1911 comme les «modalités d’organisation issues de la collaboration entre l’homme et la nature». Rappelons que Vidal de la Blache fut le maître de Raoul Blanchard, lui-même fondateur de l’école de Grenoble et mentor de Philippe Arbos .<br />
 Le genre de vie savoyard ne s’applique pas qu’à la Savoie, où coexistent, souvent à l’intérieur des mêmes massifs, petites et grande montagnes. Philippe Arbos y rattache l’Oisans, le Haut-Embrunais et le Briançonnais, tous pays de petites montagnes. Ce mode de vie recouvre de nombreuses variantes en fonction des types de migrations pastorales ou «remues», selon qu’elles concernent uniquement le bétail (dans les grandes montagnes) ou également les familles entière ou bien une partie d’entre-elles (sur les petites montagnes) ; selon également qu’elles autorisent, entre le village et l’alpage, des étapes intermédiaires de mi-saison dans les montagnettes, les remues et les granges-étables.<br />
 Pour les secteurs de «petites montagnes», Arbos propose plusieurs exemples-types de «nomadisme pastoral» en fonction de la durée du séjour dans le village principal : entre quatre et six mois seulement à Bramans en Tarentaise, à Saint-Jean-Arves, en Maurienne, ou à Ceillac, dans le haut Embrunais, où bêtes et hommes passent beaucoup de temps à l’étage des montagnettes ; plus de huit mois là où n’existent que deux étages de vie, celui du village et celui de l’alpage, notamment en haute Maurienne, dans le Chablais ou le massif des Bornes. Ceci posé, Philippe Arbos souligne le déclin de ce type de migrations, du fait principalement du fait de l’exode rural.<br />
 Pour les secteurs de «grandes montagnes», notre auteur étudie d’abord les secteurs de «migrations simples» où le bétail partage son temps entre l’étage du village et celui de l’alpage. C’est le cas en Chartreuse, dans le massif du Taillefer (Dauphiné) et celui du Mont-Blanc. Une variante, que l’on trouve dans le massif de Belledonne (où Arbos note là encore sa disparition rapide) et surtout dans le Beaufortain. La pratique ici voit les bêtes prendre leurs quartiers d’hiver et de mi-saison dans des granges-étables disséminées au-dessus du village, chaque famille pouvant en posséder quatre ou six voire huit.<br />
 En ce qui concerne les migrations complexes, l’exemple de la Tarentaise, vallée presque entièrement vouée aux grandes montagnes (en dehors de Montvalezan et -partiellement- de Saint-Martin-de Belleville), permet à notre géographe de définir définit plusieur types de migrations estivales. En dehors de celui du «Val de Tigne» (Tigne, Val-d’Isère, mais aussi Doucy, Celliers, Feisson-sur-Isère, Naves), qui entre dans la catégorie des migrations simples (village et alpage), les autres types de «nomadisme tarin» voient le bétail faire des stations plus ou moins prolongées dans les montagnettes. Notre auteur définit ainsi successivement les types «Bourg-Saint-Maurice» (montagnettes purement pastorales), «Sainte-Foy» (montagnette pastorales et agricoles), «Montgirod» (proche du précédent), et «Mâcot» (avec deux étages intermédiaires : ce qu’il nomme la remue et la montagnette proprement dite). Des graphiques insérés dans l‘ouvrage permettent de suivre le calendrier de ces migrations complexes tout au long de l’année (Figure 1).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-506" src="https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2018/02/Image1.png" alt="" width="785" height="254" data-headline="Image1" srcset="https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2018/02/Image1.png 785w, https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2018/02/Image1-300x97.png 300w, https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2018/02/Image1-768x248.png 768w, https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2018/02/Image1-140x45.png 140w" sizes="(max-width: 785px) 100vw, 785px" /></p>
<address><strong>Figure 1. Migration de type Montgirod : village, montagnettes et alpages. Source : Arbos, p. 481.</strong></address>
<p style="text-align: justify;">Le second genre de vie pastoral distingué par Philippe Arbos est celui des Alpes Maritimes. Influencé par la douceur du climat, il se caractérise par la séparation hivernale des hommes et des animaux. Les premiers se rassemblent dans les chef-lieux communaux de la vallée, tandis que les seconds passent l’hiver dans les granges-étables situées au-dessus des villages. On y trouve là aussi des pays de petites montagnes (Tinée, Beuil, Péone), et des pays de grandes montagnes (Saorge, Belvédère, une partie de la Tinée).<br />
 Le genre de vie des Préalpes méridionales est marqué par la prédominance absolue du bétail ovin, exploité pour sa laine et son fumier, non pour sa viande ou son lait. En absence d’habitats temporaires, les bêtes, sauf dans le Dévoluy, le Bochaine et les Préalpes de Digne, au dénivelé plus important, effectuent tous les jours d’été l’aller et retour entre les pâturages d’altitude et la vallée. Un autre trait de ce mode de vie est le caractère non systématique de la stabulation hivernale, les pâturages de vallée n’étant qu’occasionnellement recouverts par la neige (sauf, là encore, dans le Dévoluy).<br />
 Le genre de vie provençal est celui que l’on rencontre, vers 1920, dans le Gapençais, le Bas-Embrunais, le Queyras, le Vercors méridional, la haute vallée du Verdon. Seuls les moutons estivent (et contrairement au mode de vie précédent, il passent l’été sur les montagnes), les vaches demeurent à pâturer autour des villages. Dans une partie de ce domaine, les vaches et leurs propriétaires vont passer la mi-saison dans des habitats intermédiaires, les <em>meyres</em> ou <em>muandes</em>, groupés en hameau appelés <em>forests</em>, équivalent des montagnettes de Savoie. Encore une bonne partie des ovins qui montrent en alpages sont-ils des transhumants. À noter que, pour notre auteur le Queyras, qui pratiquait jadis le mode de vie savoyard, avec petites montagnes, chalets familiaux et inalpage des vaches, est passé au « provençal » au tournant des XIXe et XXe siècle, du fait du manque de main-d’œuvre et de la création de fruitières de vallée. Car c’est une constante chez Philipe Arbos de rappeler les évolutions plus ou moins récentes. À tout prendre, il n’existe pas pour lui de genre de vie «traditionnel» se perpétuant sans changements majeurs au fil des siècles. C’est bien ce que constate de son côté l’historien.<br />
 Le dernier genre de vie pastoral est celui de la transhumance, essentiellement ovine, qui concerne surtout les Alpes du Sud, depuis les Alpes Maritimes jusqu’au Queyras et au Vercors. Philipe arbos en examine trois formes :<strong> 1.</strong> La tranhumance normale ou montante, qui amènent les troupeaux du bas-pays, principalement provençal, jusque dans les montagne. Elle est attestée par des documents écrits depuis la seconde moitié du XIII<sup>e</sup> siècle environ même si son grand essor date du XVe siècle comme l’attestent les travaux postérieurs de Thérèse Sclafert (1959) puis de Noël Coulet.<strong> 2.</strong> La transhumance inverse, ou descendante, qui voit les bêtes hiverner dans les plaines extéreiures aux Alpes. C’est la plus anciennement documentée, puisqu’elle est pratiquée par les monastères alpins (y compris savoyards comme la chartreuse d’Aillon, dans les Bauges) dès le XII<sup>e</sup> siècle. Les montagnards du Queyras et ceux des Alpes Maritimes l’ont quant à eux, pratiqué largement depuis la fin du Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine. <strong>3.</strong> Enfin, ce qu’il nomme, la transhumance commerciale, la plus récente évidemment, qui voit l’arrivée (par le train) sur les montagnes d’animaux destinée à la boucherie après un engraissement de quelque semaines.<br />
 Pour Philippe Arbos on l’a dit, ces genres de vie sont, en ces premières années du XX<sup>e</sup> siècle, pour la plupart en voie de décomposition, ceci sous les coups à la fois de l’exode rural, amorcé dans la seconde moitié du siècle précédent, et de l’ouverture des vallées à ce qu’il nomme «la vie de relation» par la route et le chemin de fer. Pour lui, ce déclin des genres de vie traditionnel n’est pas forcément une mauvaise chose lorsqu’il fait place à des pratiques selon lui plus intéressantes comme le développement des fruitières de vallées. Les conclusions d’Arbos sont reprises quelques années plus tard par son maître Raoul Blanchard dans les six volumes de ses <em>Alpes françaises</em> publiés à partir de 1937. Ainsi pour ces géographes de l’école de Grenoble, c’est donc bien de la fin du XIXe siècle qu’il faut dater le déclin de la vie pastorale traditionnelle.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://grandehistoirealpages.fr/les-genres-de-vie-pastoraux-alpins-selon-philippe-arbos/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La montée aux alpages et l&#8217;élection des reines vers 1925 dans « Premier de cordée »</title>
		<link>https://grandehistoirealpages.fr/la-montee-aux-alpages-et-lelection-des-reines-vers-1925-dans-premier-de-cordee/</link>
					<comments>https://grandehistoirealpages.fr/la-montee-aux-alpages-et-lelection-des-reines-vers-1925-dans-premier-de-cordee/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Mouthon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2017 07:17:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sous catégorie Histoire 2]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://grandehistoirealpages.fr/?p=292</guid>

					<description><![CDATA[« La montée par le chemin de la Balme fut longue et sans histoire ; les bêtes arrachaient avidement des touffes d’herbe et de fleurs au bord du sentier et il fallait [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« La montée par le chemin de la Balme fut longue et sans histoire ; les bêtes arrachaient avidement des touffes d’herbe et de fleurs au bord du sentier et il fallait les presser pour qu’elles consentissent à avancer. Le carillon vainqueur de la vallée, rythmé par la marche allègre sur la route plane, s’était mué en une symphonie plus douce, pleine de tintements grêles, heurtés, confus, soulignés par instants des coups de battants plus sourds des grosses cloches bronzées des reines à cornes.</p>
<p>On arriva dans la matinée sur le plateau de Charamillon.</p>
<p>Le fruitier de Balme et les consorts de la montagne réceptionnaient le bétail sur un gros registre à couverture de toile noire qu’ils avaient posé sur une table rustique, dehors, à même l’alpage. Chaque propriétaire déclarait ses bêtes qui étaient immédiatement enregistrées et marquées. Puis, les vachers les attachaient dans les longues étables accotées l’une à l’autre dans un repli de la montagne, en dehors des coules d’avalanches et si intimement mêlées au sol qu’elles faisaient corps avec la pente.</p>
<p>Il fallait laisser au troupeau le temps de récupérer les dix heures de montée. On en sortirait les bêtes qu’au début de l’après-midi, et alors ce serait le grand combat où, de ces deux cent et quelques vaches, sortirait la reine du troupeau.</p>
<p>Cette tradition qui consiste à laisser le troupeau se choisir une reine est vieille comme le granit de la montagne. Que ceux qui ne connaissent des vaches que les lourdes bêtes idiotes et ruminantes des plaines, aux mamelles rasant terre, n’aillent pas se faire la même idée des vaches de montagne  […]</p>
<p>Les bêtes sortaient en rangs pressés des étables ; elles mugissaient d’une façon saccadée, nerveuse, et dressaient leur cornes en se bousculant. Déjà, quelques-unes s’affrontaient et les vachers les séparaient tout en poussant le grand troupeau jusque sur le plateau fleuri, dégarni de pierres, où devait se faire le choix de la reine.</p>
<p>Ensuite, les hommes se retirèrent sur une butte et laissèrent les bêtes procéder elles-mêmes à l’élection de leur souveraine. Une grosse majorité du troupeau, à vrai dire, ne se souciait que de brouter à plein museau les herbes fortes en senteurs de l’alpage et fuyaient toute menace qui se précisait contre elle ; mais une vingtaine de reines allaient et venaient, meuglant, cherchant le combat, reniflant leurs rivales, et bientôt, au milieu du troupeau, ce fut une bagarre générale. Une par une, les combattantes s’affrontaient. C’était une courte lutte qui durait à peine une minute. ; le choc de deux masses dans un bruit mat, puis la vaincue rompait le combat et fuyait, poursuivie par son vainqueur qui lui labourait les côtes de brefs et rapides coups de cornes. Au bout d’une heure, il ne restait plus en lice que cinq ou six combattantes, la robe macule de sueur et de terre, le mufle baveux, les yeux injectés, de véritables vaches de combat, inquiètes et trépidantes.</p>
<p>Les parieurs s’étaient rassemblées et le ton de la discussion montait… »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Roger FRISON-ROCHE, Premier de Cordée, Arthaud, Paris, 1942.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://grandehistoirealpages.fr/la-montee-aux-alpages-et-lelection-des-reines-vers-1925-dans-premier-de-cordee/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La montagne du Môle par Horace Benedict de Saussure à la fin du XVIIIe siècle.</title>
		<link>https://grandehistoirealpages.fr/la-montagne-du-mole-par-horace-benedict-de-saussure-a-la-fin-du-xviiie-siecle/</link>
					<comments>https://grandehistoirealpages.fr/la-montagne-du-mole-par-horace-benedict-de-saussure-a-la-fin-du-xviiie-siecle/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Manon Bajard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jul 2017 11:58:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Sous catégorie Histoire 2]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://grandehistoirealpages.fr/?p=188</guid>

					<description><![CDATA[Homme des Lumières, scientifique, ascensioniste (il est la troisième personne parvenue au sommet du Mont Blanc en 1787), le Genevois Horace Benedict de Saussure (1740-1799) est le père de l’exploration scientifique des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Homme des Lumières, scientifique, ascensioniste (il est la troisième personne parvenue au sommet du Mont Blanc en 1787), le Genevois Horace Benedict de Saussure (1740-1799) est le père de l’exploration scientifique des Alpes. Ses Voyages dans les Alpes, sont publiés pour la première fois à Genève entre 1779 et 1796. Entre les impressions de voyages, les récits des ascensions des autres voyageurs et surtout les innombrables observations scientifiques (géologique notamment), ils contiennent de nombreux passages à vocation ethnographique remarquable par leur rigueur. Voilà par exemple la description des pâturages de la montagne du Môle, qui domine la vallée de l’Arve, en Faucigny, c’est-à-dire aujourd’hui en Haute-Savoie :</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« La plupart des montagnes de la Suisse appartiennent à de riches propriétaires ou à des communautés qui les amodient (qui les louent) à des entrepreneurs. Ceux-ci réunissent en un seul troupeau jusqu’à deux cent vaches, qu’ils louent, çà et là pour l’été seulement, et ils font le beurre et le fromage, comme en manufacture, dans de grands bâtiments destinés à cet usage. Le Môle, au contraire, appartient à des paroisses, dont chaque communier a le droit de faire paître ses vaches sur la montagne et d’y établir un chalet. On ne voit donc point sur le Môle de grands établissements mais un nombre de petits chalets et troupeaux. (<em>de Saussure présente ici la distinction entre le que le géographe Philippe Arbos désignera dans les années 1920 comme les systèmes d’estivage de la « grande » et la « petite montagne »</em>). Ceux de la communauté de la Tour, élevés d’environ cinq cent toises (env. 1000 m) au-dessus de notre lac, sont distribués à distances à peu près égales sur la circonférence d’une très grande prairie. Cette prairie est fermée d’une bonne clôture pour que les bestiaux ne puissent aller gâter l’herbe. Quand cette herbe a pris tout son accroissement, on la fauche, on la fait sécher, et on l’entasse en grandes meules pyramidales bien serrées. On laisse ces meules sur la place, lors même que les froids de l’automne chassent les troupeaux et leurs gardiens dans des pâturages plus voisins des plaines ; mais enfin, quand l’hiver est venu et que la montagne est bien couverte de neige, on choisit un beau jour, toute la jeunesse du village monte à la montagne, renferme ce foin dans de grande coiffes de filets faites avec des cordes ; on leur donne la forme de boule et on fait rouler ces boules du haut de la montagne jusqu’en bas avec une gaieté et un plaisir que l’on rencontre rarement dans les fêtes les plus brillantes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_190" aria-describedby="caption-attachment-190" style="width: 251px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2017/07/Image1.png"><img decoding="async" class="wp-image-190 size-medium" src="https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2017/07/Image1-251x300.png" alt="" width="251" height="300" data-headline="Image1" srcset="https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2017/07/Image1-251x300.png 251w, https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2017/07/Image1-117x140.png 117w, https://grandehistoirealpages.fr/wp-content/uploads/2017/07/Image1.png 398w" sizes="(max-width: 251px) 100vw, 251px" /></a><figcaption id="caption-attachment-190" class="wp-caption-text">De Saussure par le peintre et dessinateur Genevois, Jean-Pierre Saint-Ours, 1796, Société des arts de Genève</figcaption></figure>
<p>Les chalets qui bordent ces prairies sont de petites huttes dont les murs, très peu élevés ne sont pour la plupart que de pierre sèche. Tout le rez-de-chaussée de chacun de ces petits édifices ne forme qu’une seule pièce, dont une moitié sert d’abri au bétail et l’autre à ses gardiens : la crèche, haute de dix-huit pouces, sépare les vaches de leurs maîtres ; elles y sont attachées et ont ainsi la tête dans la cuisine où se tiennent les bergers. Cette même crèche sert de sofa à la bergère du Môle qui se trouve ainsi, vis-à-vis de son feu, assise entre les têtes de ses vaches ; elle les caresse dans ses moments de loisir, passe se bras par-dessus leur cou et forme des tableaux digne du pinceau de Téniers. Le feu brûle contre la muraille, une cheminée serait une superfluité dispendieuse ; la fumée sort par les jours du mur et du toit. Une potence de bois, tournante, supporte la petite chaudière dans laquelle ont fait le fromage, et, après qu’on l’en a tiré, on fait de nouveau bouillir une partie du petit lait avec une présure plus forte, qui en sépare une seconde espèce de fromage, compacte, que l’on nomme <em>sérat</em> ou<em> sérac</em>. Le reste du petit lait que l’on a mis en réserve sert à ramollir le sec et grossier pain d’avoine qui est la principale nourriture du paysan savoyard ».</p>
<p> <strong>Horace Benedict de Saussure</strong>, <em>Voyage dans les Alpes, précédé d’un essai sur l’histoire naturelle des environs Genève</em>, Samuel Fauche imprimeur et éditeur, Neuchâtel, 1779, tome premier, p. 234.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://grandehistoirealpages.fr/la-montagne-du-mole-par-horace-benedict-de-saussure-a-la-fin-du-xviiie-siecle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
